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1963 - Quatrième trimestre. Pour une vie de mon père : novembre

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Archives transcrites par Armande Ponge assistée de Philippe Blanc, Madeline Pampel et François de Trentinian.

Archives de l’année 1963 : présentation du quatrième trimestre

Depuis de nombreuses années, Armande Ponge travaille, à partir des archives familiales, à une « Rétrospective » de la vie de Francis Ponge. La retranscription des agendas, des manuscrits, des lettres reçues (et même, pour beaucoup, envoyées), donne accès à un ensemble documentaire de premier plan, et permet d’appréhender dans leur déroulement quotidien les multiples activités scripturaires de Ponge, la diversité de ses échanges et de ses liens.
Ce travail a donné lieu à la publication en 2015 d’un premier volume par les éditions Classiques Garnier.
En avant-première, Armande Ponge confie au site de la SLFP le travail accompli pour l’année 1963, dans une mise en page réalisée par Philippe Blanc et François de Trentinian.

Voici donc le dernier trimestre des archives de l’année 1963, qui nous auront permis de suivre pas à pas les travaux et les jours de Ponge, une année durant. A 64 ans, Ponge ne peut pas encore renoncer à travailler, et reprend en ce début d’octobre ses cours à l’Alliance française – il n’en démissionnera que deux ans plus tard, obtenant sur intervention de Malraux une bourse de la Caisse nationale des lettres. Mais pour l’heure, il lui faut assurer ses vingt heures de cours hebdomadaires. Moyennant quoi, il connait une situation économique à peu près confortable : il se réjouit d’être presque systématiquement rémunéré pour les textes qu’il donne à des revues – parfois au-delà de ses attentes –, il peut, après avoir négocié la revente de sa 2 CV, commander une Ami 6 à son concessionnaire Citroën, s’offrir une « belle chemise blanche », et même entrer dans la boutique Arnys…
Mais c’est aussi le travail d’écrivain qui occupe cette fin d’année, durant laquelle Ponge prépare le manuscrit de Pour un Malherbe (publié en 1965), travaille au Pré, dont l’écriture s’étendra de longues années encore – La Fabrique du Pré paraîtra en 1971, dans la collection « Les sentiers de la création » des éditions Skira. Il rencontre aussi, plusieurs fois par semaine, Jean Thibaudeau, qui vient de signer un contrat avec Gallimard pour écrire une monographie : son Francis Ponge paraîtra dans la collection « la Bibliothèque idéale » en 1967.

Tout « noirs, sales et froids » que soient (selon Ponge) ces derniers jours de 1963, ils sont donc fertiles, et résolument tournés vers des travaux à venir. Ils sont marqués aussi par la célébration de compagnonnages anciens : Ponge reçoit en octobre le numéro des cinquante ans des Cahiers du Sud. Au sommaire (dont on retrouvera ici une reproduction), son nom figure entre ceux de Saint-John Perse et de Char. Ponge se rend fin novembre à la cérémonie organisée pour l’occasion par la municipalité de Marseille. Peut-être est-il un peu dérouté par le faste et le bruit – « vu des gens » « boîte de nuit », « beaucoup de paroles », note-t-il. Mais c’est aussi l’occasion d’importantes retrouvailles : il revoit Jean Ballard, le directeur des Cahiers du Sud, Léon-Gabriel Gros, l’un des premiers à avoir écrit sur lui, et Jean Tortel.

A ce dernier, il écrit à la mi-novembre, que la période de travail intense dans laquelle il se trouve est « très peu favorable à l’activité épistolaire ». Et sans doute, en cette fin d’année, la correspondance est moins nourrie. Parmi les exceptions notables à cette relative disette, une lettre à Franz Hellens (qui, en 1924, avait accueilli l’un de ses textes dans sa revue, Le Disque vert), où se lit la permanence de l’amitié et l’inquiétude du temps qui passe aussi :
« Ce sont les amis dont je suis intimement le plus sûr que je vois le moins, sans doute persuadé que je les retrouverai toujours. Mais, toujours ? Nous ne sommes plus si jeunes…quelle présomption ! »

Au même moment pourtant, dans les manuscrits, se déploie la verdeur du pré…

Benoît Auclerc

Tout le quatrième trimestre 1963

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Mis en ligne le 9 juin 2017, par Benoit Auclerc