Publication de la "Société des Lecteurs de Francis Ponge"

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Rubrique : La fabrique pongienne

Rubrique : Ressources critiques

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Séminaire "La Fabrique pongienne"

Le recours au(x) dictionnaire(s) - Vidéos de la première séance du séminaire

Benoît Auclerc

Jean-Marie Gleize

Pauline Flepp

Pierre-Henri Kleiber

Jacques Neefs

Mis en ligne le 12 janvier 2017, par Maëlle Porcheron

Le mercredi 9 novembre 2016, après l’Assemblée Générale annuelle de la Société des Lecteurs de Francis Ponge qui s’était tenue le matin même à l’ENS de Lyon, a eu lieu à l’Université Lyon 3 la première séance du séminaire « La Fabrique pongienne ».
Ce séminaire bisannuel, placé sous la responsabilité de Benoît Auclerc et de Pauline Flepp, est organisé par le Groupe MARGE de l’Université Lyon 3 et le labex OBVIL. Il se déroulera alternativement à Lyon 3 et à l’Université Paris 4-Sorbonne, et sera l’occasion de poser des questions de poétique et de théorie littéraire à l’œuvre de Ponge, mais aussi avec elle, voire contre elle. Alors qu’un Dictionnaire Ponge est en préparation aux éditions Classiques Garnier, les deux premières séances du séminaire seront consacrées au « recours au(x) dictionnaire(s) ».
C’est donc autour de ce thème qu’enseignants, chercheurs, membres de la Société des lecteurs de Francis Ponge et étudiants se sont réunis dans la salle Caillemer de l’Université Lyon 3, pour écouter les interventions de Jean-Marie Gleize, de Jacques Neefs et de Pierre-Henri Kleiber, précédées de la présentation du séminaire par Benoît Auclerc et Pauline Flepp.
Vous trouverez ci-dessous les enregistrements vidéos de ces interventions, réalisés par le service PAPN de l’Université Lyon 3. Ces captations sont également consultables sur le site du groupe MARGE (EA 37 12), ici. Nous les éditons avec l’aimable autorisation de son directeur, Gilles Bonnet.

Le recours au(x) dictionnaire(s)

Ponge écrit en 1944 : « Après une certaine crise que j’ai traversée, il me fallait (parce que je ne suis pas homme à me laisser abattre) retrouver la parole, fonder mon dictionnaire. J’ai choisi alors le parti pris des choses ».
Le recours aux dictionnaires – au Littré en particulier – est constant chez lui, et consubstantiel à l’élaboration de sa poétique. Il s’agit de se réapproprier le discours lexicographique après avoir fait l’expérience de ses insuffisances : l’ambition de connaissance par l’écriture se trouve interrogée dans les écarts mais aussi dans les similitudes entre ses « descriptions-définitions-objets-d’art-littéraire » et la pratique lexicographique. À travers le rapport qu’entretient la poétique de Ponge au(x) dictionnaire(s) se pose plus généralement la question de la construction des savoirs dans et par l’écriture, dans et contre la langue, question qu’à partir de Flaubert et de Mallarmé nombre de textes de la modernité abordent selon des modalités dont il convient d’interroger les singularités.
L’institution du dictionnaire telle qu’elle se développe au XIXe siècle interroge également la destination des savoirs, et, avec l’ambition de fonder son propre dictionnaire s’instaure une tension dans le rapport aux « mots de la tribu », entre aspiration à un langage propre et désir de créer du commun.

Benoît Auclerc et Pauline Flepp