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Autour des manuscrits de L’Araignée et du fonds Ponge de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet

Benoît Auclerc

Documents présentés par Benoît Auclerc.

Ci-dessous, deux pages du dossier de L’Araignée exposé à la Sorbonne (au 47 rue des Écoles à Paris) le 26 novembre 2014, et qui sont extraites des manuscrits de Ponge conservés par la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet.

Francis Ponge. L’Araignée, manuscrit autographe. PON Ms 161, fonds Francis Ponge, BLJD.
Images reproduites avec l’aimable autorisation de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet et de Madame Armande Ponge

Le texte de L’Araignée paraît pour la première fois en 1952 chez Jean Aubier sous le titre L’Araignée, publiée à l’intérieur de son appareil critique. Il y est accompagné d’un texte de Georges Garampon, « Francis Ponge et la résolution humaine » ; la couverture est dessinée par Jean Beaudin.

Le rôle prépondérant que jouent pour ce texte l’utilisation de l’espace, la répartition des caractères dans la page, rend particulièrement intéressante l’observation du travail dans les manuscrits.

Dans cette première édition, la parole de l’écrivain et celle de son critique se répondent, mais semblent aussi se phagocyter mutuellement, le dispositif du livre faisant écho au rapport de séduction et de prédation que l’araignée entretient avec sa proie-lecteur, avec « l’attention de [ses] lecteurs prise au piège de [son] ouvrage de bave [1] ».

Parallèlement à cette publication en volume, une édition du poème réimposé au format in-plano jésus a été tirée en 15 exemplaires. En 1997, 80 exemplaires en ont été tirés à nouveau [2] par les Éditions du Silence, à Montréal.

Cette autre actualisation du texte – l’une de celles où Ponge se rapproche le plus du calligramme, malgré ses réticences à l’égard de cet exercice – souligne à nouveau l’importance que joue l’espace dans la réalisation de cette « Araignée ».
Enfin, le texte est repris en 1961 dans Pièces (Le Grand Recueil III), sans modification, mais sans que les mises en espace de l’édition originale aient pu être conservées.

Les manuscrits sont pour la plupart datés de 1942 à 1948. Il est particulièrement curieux de voir que, en 1954, plusieurs années après la publication originale, cette « Araignée » soit « reprise et travaillée », signe que Ponge envisageait semble-t-il pour elle d’autres déploiements possibles.


Le fonds Ponge à la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet

Depuis 1997, à la suite de plusieurs dons d’Odette et d’Armande Ponge, la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet dispose d’un fonds Ponge composé notamment de correspondances et de manuscrits sous plusieurs formes et états.
On trouvera une description du fonds Ponge ici : http://www.calames.abes.fr/pub/#details?id=FileId-312

La collection du couturier Jacques Doucet (1853-1929), qui, l’un des premiers, s’est constitué une bibliothèque composée d’éditions rares ou illustrées mais aussi de manuscrits, de correspondances, d’épreuves corrigées, a été léguée en 1929 à l’Université de Paris. Elle est depuis 1972 administrée par la Chancellerie des Universités de Paris. Ses locaux se trouvent à Paris, au 8, Place du Panthéon.
Informations pratiques : http://bljd.sorbonne.fr/Pratique/p7/Acces-et-horaires-d-ouverture

On trouvera ici les conditions d’accès aux collections : http://bljd.sorbonne.fr/. Pour consulter le fonds Ponge, une autorisation des ayants droits est nécessaire. Pour plus de renseignements, vous pouvez écrire à : doucet@bljd.sorbonne.fr

- Présentation du fonds sur notre site : ici


Notes

[1Francis Ponge, L’Araignée [1952], Œuvres Complètes, vol. I, édition de Bernard Beugnot, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1999, p. 316.

Mis en ligne le 26 novembre 2014, par Aurélie Veyron-Churlet