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La Robe des choses, sous la direction de Béatrice Bonhomme et Odile Gannier

Marie Frisson

Compte-rendu de l’ouvrage Francis Ponge et la Robe des choses, sous la direction de Béatrice Bonhomme et d’Odile Gannier, Paris, L’Harmattan, collection "Thyrse" du CTEL (Université de Nice).
Cet ouvrage réunit les actes des journées d’études des 9 et 10 décembre 2010.

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« Le meilleur parti à prendre est donc de considérer toutes choses comme inconnues, et de se promener ou de s’étendre sous bois ou sur l’herbe, et de reprendre tout du début. »
Francis Ponge, « Introduction au "Galet" ».

L’ouvrage Francis Ponge et la robe des choses est le fruit des journées d’étude de décembre 2010 organisées à l’Université de Nice-Sophia-Antipolis à l’initiative de Béatrice Bonhomme et d’Odile Gannier, en présence d’Armande Ponge, dans le cadre du programme du CTEL (Centre Transdisciplinaire d’Epistémologie de la Littérature et des Arts vivants). Ces actes proposent certains approfondissements nécessaires et utiles des questions poétiques et critiques propres à l’écriture pongienne, pour en saisir « la qualité différentielle » [1] – à travers l’analyse de diverses pratiques signifiantes, notamment la conception de la langue, la relation à la peinture, et plus largement aux plastiques –, et pour en retracer le cheminement épistémologique, esthétique et éthique, ainsi que le rappelle l’introduction de Béatrice Bonhomme et d’Odile Gannier.

Cinq sections regroupant deux à quatre articles sont proposées : les trois premières sont essentiellement centrées sur la poésie et la poétique de Francis Ponge, et proposent des lectures thématiques, didactiques, poétiques, poétologiques et éthiques, soit des perspectives si diverses et différentes, que les trois notions « Lire/ Vivre/ Ecrire » proposées pour les rassembler peinent presque à les organiser. Les deux dernières sections de cet ensemble interrogent le dialogue de cette œuvre avec celles d’autres poètes, antiques (Lucrèce, Ovide) ou contemporains (Jaccottet, Sacré), puis avec les artistes (Braque, Chamson). Cet ouvrage offre un panorama vraiment suggestif de la variété des lectures possibles de cette œuvre et de l’état de la recherche sur la question, en attendant la parution des Actes faisant suite au colloque « Politiques de Ponge » de mars 2012 (ENS Lyon et Université Lyon 3).

La première partie, intitulée « Lire / Ecrire », qui explore au fond les différentes modalités que Ponge attribue à l’idée d’ « atelier », s’intéresse au dispositif du texte pongien, dispositif qui s’est montré fécond, comme le rappelle en ouverture Jean-Marie Gleize dans l’article intitulé « Nioque(s) ? », pour plusieurs générations de critiques et de poètes : ces deux façons d’être pongien n’étant pas incompatibles, pour qui est à la fois universitaire et poète. Comme l’écrit en effet Jean-Marie Gleize, l’œuvre de Ponge est tissée de « contradictions dynamiques [2] » et sa lecture entraîne des interprétations multiples, tant dans une perspective critique – des formalistes aux phénoménologues en passant par les textualistes et les généticiens – que dans une perspective de création – des avant-gardes aux démarches « néo-lyriques » [3], sans oublier les entreprises singulières, poétiques et éthiques, de Jaccottet ou de Bonnefoy. Ce qu’un écrivain et un universitaire comme Jean-Marie Gleize lit dans l’œuvre de Ponge, c’est aussi une réponse possible à la suggestion rimbaldienne d’une poésie objective, d’un échange de la prose contre les modalités du vers et une proposition de sortie des cadres génériques. Il en prend pour exemple le texte Nioque de l’avant-printemps (1983), dispositif textuel d’éléments hétérogènes, complexifié à partir de 1967 par différentes publications, marquant le passage à une écriture « documentale » [4], en tout cas laissant ouverte la perspective d’« un après la poésie » [5]qui a inspiré à Jean-Marie Gleize le projet de la revue Nioques (le mot nioque proposant une sorte d’alternative au mot poème) : « une revue pour l’exercice et l’expérience de “sortie(s)” hors de ce champ, hors de ce que Ponge appelle, toujours dans La Fabrique du pré, “les impostures de la poésie” » [6].

Dans le deuxième article intitulé « Francis Ponge et Albert Camus : “une possible fécondation réciproque” ? Une réponse à travers la lecture de leur correspondance de 1943 à 1948 », Eveline Caduc montre qu’au-delà d’une estime et d’une amitié réciproques, mais aussi de certaines divergences, notamment idéologiques et politiques, Ponge et Camus se sont retrouvés un temps autour de la notion littéraire et philosophique de l’absurde, témoignant de préoccupations esthétiques et morales communes, interrogeant les questions de la vérité et du langage jusque dans leurs prolongements éthiques, même si les réponses qu’ils donnent à l’une ou l’autre de ces questions ont des inflexions différentes. Le mythe de Sisyphe dont Camus fait une figure de lutte mais aussi de création en est un bel exemple car il est relu par Ponge comme une sorte de découragement de l’artiste face à sa propre exigence, auquel on peut remédier paradoxalement par l’écriture, mais par une écriture de l’échec, en quelque sorte, qui pourrait peut-être annoncer, nous semble-t-il, certains des principes esthétiques et éthiques de Samuel Beckett, par exemple.

Nicole Biagioli, dans « Lire-écrire avec Francis Ponge : didactique et poésie », propose de s’inspirer du dispositif pongien et de sa conception de l’atelier ou du chantier ouvert pour le transposer dans l’atelier d’écriture des élèves du secondaire. Elle propose ainsi une lecture particulière du prolongement politique que Ponge pouvait imaginer du travail poétique et langagier. L’article énumère les transpositions possibles de certains éléments de l’œuvre du poète dans la discipline didactique puis dresse la typologie de l’étude de celle-ci dans les manuels scolaires de 1985 à 2011, montrant ainsi les atouts, mais aussi les dangers de la médiation auctoriale dans la relation didactique.

Enfin, avec un instructif article intitulé « Le sujet pongien : la chambre vide de Malherbe », Eric Dazzan esquisse une définition du sujet pongien à partir de Pour un Malherbe – texte complexe où le poète ressaisit ses propres recherches. Eric Dazzan décèle dans cette œuvre particulière deux pôles contradictoires, la revendication d’une autonomie du sujet et l’allégeance au donné originel, tension qui reflète à la fois l’histoire collective et personnelle, que peut constituer la langue française. L’influence des définitions cartésiennes et phénoménologiques du sujet sur la conception pongienne est à replacer dans le contexte historique des années quarante où se pose notamment la question de la poésie considérée comme un exercice spirituel. Elle détermine aussi la conception d’« une méthode pour désaffubler la poésie [7] », qui mise notamment sur la notion de doute pour garantir, à la fois, l’autofondation, toute cartésienne, du sujet, et son autonomie. Elle permet aussi l’affirmation d’une singularité et d’une unité possible de celui-ci, y compris au cœur d’une pluralité énoncée par un « nous », ou de l’inscription, nécessairement et également fondatrice, dans la filiation d’une « figure absente », paternelle ou tutélaire.

La deuxième partie, baptisée « Vivre/Ecrire », explore différents aspects de « la poéthique pongienne ».  [8]
L’article de Benoît Auclerc, « Le parti pris, une entreprise anti-mélancolique », nous incite à tenir compte de la tentation mélancolique chez Ponge, même s’il s’agit pour lui de la combattre, de la convertir en « rage productive », en tout cas de la traiter. Ponge rompt ainsi avec une certaine modernité post-romantique : en cela, Le Parti pris des choses (et les autres textes élaborés dans les années trente) forment une entreprise « anti-mélancolique » au sens où ils refusent le silence et l’abattement mais aussi la création définie en tant qu’aliénation. Une chute reste toutefois possible, et la « rage de l’expression » ne peut s’envisager que dans sa relation à un compte tenu de la tentation mélancolique.
Ainsi, paradoxalement, le désenchantement, mettant en doute les pouvoirs de la poésie, ou le constat, désespérant parfois, de notre solitude devant la mutité des choses, ne se veut pas désespéré et se transforme en rage de faire : ils se meuvent aussi en ambition, celle, en quelque sorte, d’une refonte totale de la langue.

« L’équation du silence chez Francis Ponge », de Filomena Iooss, s’intéresse à l’acte de nomination tel qu’il est exposé et examiné dans la poétique de Ponge, c’est-à-dire remis en question quand il est confronté au monde muet des choses. Il se présente comme décomposé, puis recomposé, selon des modalités - notamment ludiques - que la chercheuse compare, non sans audace, à la méthode scientifique, particulièrement à la méthode mathématique. Il s’agit bien, entre autres, de considérer les mots hors de leurs signification habituelles et, par eux, de redéfinir les choses. Mais cette comparaison trouve sa limite dans la spécificité du « syllabologisme » et de la rêverie étymologique propres à la poétique de Ponge, qui diffèrent du fonctionnement et de la résolution du problème mathématique.

Enfin, Alexandre Eyriès dans « Francis Ponge, une poétique du vivre / écrire », s’intéresse à certaines caractéristiques de l’écriture pongienne : animée d’un mouvement propre, que procure une certaine jubilation langagière, elle rencontre par là même, paradoxalement, une expérience existentielle, la vie devenant « à la fois le sujet de l’écriture et son objet [9] » et la poésie se présentant à la fois comme un moyen de consigner les aléas du monde alentour et d’en inventer la diction. Le travail de la matière langagière constitue ainsi un rapport singulier au monde, fondateur d’une éthique cherchant à instaurer une interaction harmonieuse entre l’homme et le monde, hors des significations habituelles ou du figement conceptuel.

La troisième partie, intitulée « La matière des mots », pose plus directement encore la question du rapport particulier de Francis Ponge avec le langage et le monde.
C’est dans l’atelier du poète, ou plus exactement au cœur de sa fabrique poétique, que nous introduit l’article de Maria Cristina Pîrvu intitulé « Préparations et réparations poétiques – Dans la matière des mots, avec Francis Ponge ». L’article s’emploie à déconstruire deux dichotomies étudiées à partir du Verre d’eau et de ses variantes : celle que Maria Cristina Pîrvu nomme « préparations » et « réparations » poétiques, et celle qu’elle définit comme une dichotomie entre la matière et les mots qui veulent dire. Les contradictions dynamiques sont étudiées dans la perspective d’une transformation du langage et par là du mouvement même de l’écriture. Elles incitent Maria Christina Pîrvu à s’intéresser particulièrement au travail de la matière des mots, en relation avec l’imaginaire, à la lumière des recherches de Bachelard dans La Poétique de la rêverie, afin de dessiner quelques lignes significatrices de la poétique de Ponge.

Odile Gannier, dans « Les perles d’Amphitrite : de la goutte d’eau aux bords de mer », observe la thématique de l’eau dans l’œuvre de Ponge dans ses différentes connotations, négatives de prime abord. Ce parcours permet de montrer différents aspects et miroitements du traitement poétique de l’eau, à la lumière, notamment, de L’Eau et les rêves de Bachelard, et ébauche finalement une comparaison entre travail de la matière par l’élément marin et travail de la langue et de la forme par le poète. Cette analyse nous rappelle aussi que l’attention que Ponge accorde à certains objets du monde s’apparente peut-être moins à un inventaire qu’à une reconfiguration des rapports de ceux-ci entre eux et dans le monde, maillage dont l’élément aquatique pourrait être une des figures de liaison, de liant.

Les deux dernières parties étudient le dialogue entre l’œuvre de Francis Ponge et celles d’autres artistes. La quatrième section, « D’un poète à l’autre », envisage le dialogue de Ponge avec la littérature antique, notamment latine, puis les rapports qu’entretiennent avec Ponge les œuvres de Philippe Jaccottet et de James Sacré.

Pour commencer, l’article de Sylvie Ballestra-Puech intitulé « Entre De natura rerum et De varietate rerum : Ponge lecteur de Lucrèce », souligne l’importance de l’œuvre de Lucrèce aux yeux de Ponge. Prolongeant les travaux antérieurs sur la question, notamment ceux de Bernard Veck, ce texte nous rappelle judicieusement la dimension paradoxale de la réflexion de Lucrèce qui visait à transmettre sous une forme poétique l’enseignement d’Epicure, en dépit de la forte défiance de ce dernier vis-à-vis de la poésie. L’article montre ensuite que Ponge n’a jamais cessé de s’interroger sur les textes de Lucrèce, de 1933, année où il commence à le citer, notamment dans « Introduction au “Galet” », jusqu’au texte de 1971 consacré à Braque, texte qui est aussi une belle illustration de la poétique épicurienne. Ponge trouve chez Lucrèce la confirmation de l’idée de la poésie prise comme possible instrument de connaissance – mais d’une connaissance fondée sur la sensation, selon le postulat épicurien. Sans aucun doute, le rapport établi par Lucrèce entre l’espace d’expérimentation de l’atomisme et la création verbale a également passionné Ponge. La réflexion de celui-ci connaît pourtant plusieurs modalités marquées notamment par l’influence de Groethuysen (qui amène Ponge à opérer une synthèse entre Lucrèce et Ovide autour du motif de la varietas), et par les interrogations suscitées par la lecture d’Angoisse de Lucrèce du Dr Logre qui, à l’opposé de sa propre conception, associe Lucrèce et Pascal. Tout cela conduit à faire de Ponge un précurseur d’une fine (re)-lecture au XXe siècle de l’œuvre de Lucrèce et de celle d’Ovide.

On complètera cet intéressant éclairage par le bel article de Bénédicte Gorrillot intitulé : « Surprise de Ponge : Ovide en plus d’Horace ? ». Rappelant que le rationalisme de Lucrèce et d’Epicure inspire celui de Ponge, cet article montre ensuite que Ponge est à la fois, comme ceux-ci, contre le mythe, le détour métaphysique qui biaise la confrontation de l’homme avec la vérité physique des choses, et tenté d’y recourir. Plus encore, ce texte suggère que le poète est, paradoxalement, du côté de Lucrèce et du côté d’Ovide, mais aussi du côté d’Horace, dans un art très pongien de faire jouer ensemble les contraires et, par-là, de les concilier, sur un plan poétique (où intervient la notion d’objeu), esthétique (où resurgit, entre autres, la notion d’hybridité) et sur le plan culturel (où se combinent les références intertextuelles).

Pour continuer l’exploration de la constellation fraternelle des poètes gravitant autour de l’œuvre de Francis Ponge, les deux articles suivant proposent deux figures de filiation en quelque sorte, qui le reçoivent chacune différemment en héritage.
Gérard Farasse, dans « Philippe Jaccottet, lyrique impénitent », nous rappelle la véritable amitié qui unissait Francis Ponge et Philippe Jaccottet – alors jeune poète venu de Suisse pour s’installer à Paris – mais aussi leur semblable exigence littéraire et leur attention aiguë au monde. Née d’une estime réciproque, cette amitié entre Jaccottet et celui que ce dernier désigne lui-même comme une figure tutélaire a remarquablement résisté, dans son cheminement, aux inévitables divergences poétiques et aux éloignements réels ou supposés. Si les deux poètes se rencontrent autour de l’idée d’un « lyrisme de la réalité » [10], le matérialisme et les positions « antimétaphysiques » de Ponge ne peuvent convenir à un Jaccottet davantage tourné vers l’expérience subjective et l’auscultation obstinée de la profondeur du visible. De son côté, Ponge ne parvient pas toujours à approuver l’évolution et les choix de son cadet, n’est pas toujours sensible aux notes de son singulier lamento. Sur la question du langage également, cet article nous rappelle que les espoirs fondés par Ponge sur la possibilité de modifier l’esprit humain et, par-là, la société, par le travail de la langue, étaient considérés par Jaccottet comme une véritable utopie.

Béatrice Bonhomme, dans « Francis Ponge et James Sacré, une poétique de la relativité », interroge ensuite avec justesse le lien qui unit l’œuvre de Ponge et celle d’un de nos poètes contemporains les plus « lyriques » et les plus nomades, James Sacré. Si celui-ci a participé en 1986 au Cahier de L’Herne sur Francis Ponge [11] , il ne se reconnaît pas pour autant dans la mission dont Ponge pourrait se sentir investi, et dans la posture d’autorité qui pourrait en être la conséquence. Mais il apprécie en revanche dans la poésie de son aîné le plaisir ludique qui ramène à l’essentiel : au poème comme objet langagier. Des passerelles se dessinent entre les deux œuvres, notamment sur les questions de la créativité verbale, de l’humilité dans l’approche des choses, du dictionnaire et de l’humour.

La cinquième et dernière section, intitulée « D’un artiste l’autre », envisage le lien particulier qui unit l’œuvre de Braque et celle de Ponge, et la plasticienne Christine Chamson y explique sa relation à l’œuvre de Ponge.

Dans « Le processus comme modalité d’une pratique artistique chez Francis Ponge : l’exemple de Georges Braque », Frédéric Mandon propose d’envisager la peinture, non comme un exercice de critique d’art, mais comme un détour nécessaire à Ponge pour reconsidérer la poésie, comme on le lit avec intérêt. Ainsi, le poète interroge la pratique d’un peintre qu’il apprécie particulièrement, sa manière, cherchant, à partir des années quarante à saisir son œuvre dans l’instant de son émergence. L’entrée de Ponge dans l’atelier des artistes constitue une étape particulière dans la vie et la carrière du poète, étape qui l’aide notamment à formuler ce que Bernard Vouilloux nomme la nature « activiste » de sa propre entreprise [12] . En germe dans les textes des années vingt sur les végétaux, une réflexion portant sur l’atelier, la série, mais aussi le fragmentaire et l’inachèvement, se déploie de texte en texte, avec La Mounine, Le Carnet du bois de pins, La Fabrique du pré, Comment une figue de paroles et pourquoi, réflexion qui remet en cause une certaine esthétique du fini et la notion de texte conçu comme le produit d’une écriture aboutie.

Ce recueil d’articles se clôt sur un entretien avec la peintre et graveuse Christine Chamson mené par Bénédicte Gorrillot qui s’intitule « Dans l’atelier de Francis Ponge : autour de La Crevette dans tous ses états » et ouvre le débat sur les influences fécondes que l’œuvre du poète peut exercer aujourd’hui encore et au-delà du seul domaine de la poésie. Pour Christine Chamson, la découverte émerveillée et l’immersion dans l’œuvre de Ponge se sont accompagnés paradoxalement du nécessaire oubli qui permet à l’artiste d’en transférer les données – la résonance – dans son propre langage au moyen de divers matériaux (gravures sur plexiglas, peinture à l’acrylique, dessin à l’encre et lavis) et de créer son œuvre propre. Outre L’Escarbre, qui figure en couverture, l’ouvrage reproduit La Crevette en gestation, série de dix-neuf gravures sur plexiglas réalisées en 1988 par Christine Chamson à partir de textes de Ponge.

Cet ensemble d’études très diverses souligne l’influence déterminante de l’œuvre de Ponge sur plusieurs générations de penseurs, de poètes, de peintres et d’autres artistes et, par là-même, il en rappelle l’éminente actualité.


Table des matières

  • Béatrice BONHOMME et Odile GANNIER, Introduction

LIRE/ÉCRIRE : LE DISPOSITIF DE PONGE

  • Jean-Marie GLEIZE, Nioque(s) ?
  • Eveline CADUC, Francis Ponge et Albert Camus : une « possible fécondation réciproque » ? Une réponse à travers la lecture de leur correspondance de 1943 à 1948
  • Nicole BIAGIOLI, Lire, écrire avec Francis Ponge, didactique et poésie
  • Éric DAZZAN, Le sujet pongien : la chambre vide de Malherbe

VIVRE/ÉCRIRE

  • Benoît AUCLERC, Le Parti pris, une entreprise anti-mélancolique
  • Filomena IOOSS, L’équation du silence chez Francis Ponge
  • Alexandre EYRIÈS, Le sujet pongien : la chambre vide de Malherbe

LA MATIÈRE DES MOTS

  • Maria Cristina PÎRVU, Préparations et réparations poétiques. Dans la matière des mots, avec Francis Ponge
  • Odile GANNIER, Les « Perles d’Amphitrite » : de la goutte au bord de mer chez Francis Ponge

D’UN POÈTE À L’AUTRE

  • Sylvie BALLESTRA-PUECH, Entre De natura rerum et De varietate rerum  : Ponge lecteur de Lucrèce
  • Bénédicte GORRILLOT, Surprise de Ponge : Ovide en plus d’Horace
  • Gérard FARASSE, Philippe Jaccottet Vies parallèles
  • Béatrice BONHOMME, Francis Ponge et James Sacré, une poétique de la relativité

D’UN ARTISTE À L’AUTRE

  • Frédéric MANDON, Le processus comme modalité d’une pratique artistique chez Francis Ponge : l’exemple de George Braque
  • Christine CHAMSON et Bénédicte GORRILLOT, Dans l’atelier de Francis Ponge : autour de « La Crevette dans tous ses états »

Bibliographie
Présentation des auteurs
Table des matières


Pour citer cet article :
Marie Frisson (2015). “La Robe des choses, sous la direction de Béatrice Bonhomme et Odile Gannier”, SLFP - La Fabrique PONGIENNE - Les comptes-rendus (http://francisponge-slfp.ens-lyon.fr/?Compte-rendu-La-Robe-des-choses), RIS, BibTeX.


Notes

[1Francis Ponge, Le Grand Recueil : Méthodes (1961), Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », vol. I, 1999, p. 536

[2Jean-Marie Gleize, « Nioque(s) ? », Francis Ponge et la robe des choses, Paris, L’Harmattan, 2012, p. « 15

[3Selon la définition de Jean-Claude Pinson. Habiter en poète, essai sur la poésie contemporaine, Seyssel, Champ Vallon, 1995, p. 213.

[4Ibid., p. 18.

[5Ibid.

[6Ibid., p. 17.

[7Eric Dazzan, « Le sujet pongien : la chambre vide de Malherbe », Francis Ponge et la robe des choses, op. cit., p. 61.

[8Alexandre Eyriès, « Francis Ponge, une poétique du vivre/écrire », op. cit., p. 112. Cette formule rappelle la notion explorée par Jean-Claude Pinson du « poéthique ». Le terme apparaît pour la première fois sous la plume de Michel Deguy dans la première section, « Carnets (poéthique transatlantique) » de Made in USA (Jumelages, suivi de Made in USA, Paris, Seuil, « poèmes », 1978, p. 129). La notion, elle, est ébauchée dans « II. Exercices », Actes, essai, Paris, Gallimard, « Le Chemin-Nrf », 1966, p. 74.

[9Alexandre Eyriès, « Francis Ponge, une poétique du vivre / écrire », Francis Ponge et la robe des choses, op. cit., p. 104

[10Michel Collot, La Matière-émotion, Paris, PUF, 1997, p. 214.

[11James Sacré, « Dans les livres de Ponge comme à travers une campagne », in Gleize, Jean-Marie (dir.), Francis Ponge, Paris, Editions de l’Herne, 1986, p. 590-593.

[12Bernard Vouilloux, Un art de la figure. Francis Ponge dans l’atelier du peintre, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, « Peintures, 1999, p. 46.

Mis en ligne le 9 septembre 2013, par Benoit Auclerc