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Templa serena Lucrèce au miroir de Francis Ponge

Histoire des Idées et Critique Littéraire

Sylvie Ballestra-Puech

Genève, Droz,
Coll. «  Histoire des Idées et Critique Littéraire  »
2013, 470 p.
ISBN : 978-2-600-01748-0. 67,72€.

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Quatrième de couverture

Relire Lucrèce avec Francis Ponge, qui affirme vouloir écrire «  une sorte de De natura rerum   », aide à comprendre comment le poète latin a relevé le défi de transmettre sous une forme poétique la philosophie épicurienne, dont la défiance envers la poésie était notoire. Lucrèce inaugure une poétique de l’immanence avec laquelle Ponge renoue après des siècles d’idéalisme. Une confrontation précise des textes révèle une très forte imprégnation lucrétienne chez l’auteur du Parti pris des choses mais aussi une lecture d’une étonnante modernité, qui n’a cessé de gagner en acuité, notamment sous deux impulsions décisives. En offrant à son ami le titre de l’humaniste Jérôme Cardan, De varietate rerum, Bernard Groethuysen conduit Ponge à approfondir sa réflexion sur la fabrique du divers, qui joue un rôle central dans l’œuvre de Lucrèce comme dans la sienne. Ultérieurement, la lecture de L’Anxiété de Lucrèce du Dr Logre le confronte à l’impérieuse nécessité d’arracher l’auteur du De natura rerum à l’abîme de la psychopathologie où le psychiatre l’avait précipité. Braque ou Un méditatif à l’œuvre marque l’aboutissement de cette restauration : les œuvres d’art y apparaissent comme autant de templa serena dans lesquels se rencontrent jouissance esthétique et sagesse épicurienne.

Mis en ligne le 16 mai 2014, par Aurélie Veyron-Churlet