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Hommage à Elisabeth Walther

(1922-2018)

Francis Ponge et Elisabeth Walther au Mas des Vergers en 1972 - source : archives familiales

Voir une bibliographie exhaustive sur le site de l’Université de Stuttgart

Elisabeth Walther, née en 1922, est décédée le 10 janvier 2018. Professeure de philosophie à l’Université de Stuttgart, linguiste et traductrice, elle a été parmi les premiers universitaires à écrire sur l’œuvre de Ponge.

Dès 1953, elle contribue à faire découvrir Francis Ponge au lectorat allemand. Elle publie un essai concernant ses ouvrages dans Die Tat, revue politique et culturelle allemande, et commence à traduire des poèmes du Parti Pris des Choses (1942) et de Proêmes (1948). En 1961, elle publie la première monographie consacrée à Ponge : Francis Ponge. Analytische Monographie. Ein Beitrag zur Semantischen und Statistischen Ästhetik. [Francis Ponge, Monographie analytique : une contribution à l’esthétique sémantique et statistique]. Elle a consacré la majeure partie de ses travaux universitaires à Ponge et publie en 1965 sa thèse postdoctorale, Francis Ponge, eine ästhetische Analyse [Francis Ponge, une analyse esthétique], grâce à laquelle elle est titularisée Professeure des Universités.

Par ses travaux universitaires et ses traductions, elle a beaucoup fait, avec son époux Max Bense, qui enseignait également la philosophie à la Technische Hochschule de Stuttgart, pour la diffusion de Ponge en Allemagne. En 1955, Bense a consacré trois articles à Ponge dans le premier numéro de sa revue Aesthetica, Philosophica, Polemica [Esthétique, Philosophie, Polémique]. Walther et Bense rencontrent le poète français pour la première fois en 1956 en l’invitant à donner une conférence aux étudiants d’un de leur cours, "L’Esprit de la France contemporaine". À l’issue de cette intervention, Ponge rédige La Pratique de la Littérature, où il évoque sa vision du travail d’écrivain et montre les limites des mots en littérature face à l’affirmation absolue des couleurs en peinture. Le texte est repris dans Méthodes en 1961 (on le retrouve aux pages 670-684 du premier tome des Œuvres complètes). Ponge y explique notamment l’importance de la mise en espace du texte dans le travail d’écriture : séduit par cette idée, Bense présente la version in-plano de L’Araignée dans son exposition Visuelle Texte dans une galerie de Stuttgart en juillet 1958.

Francis Ponge, touché par les travaux d’Elisabeth Walther et de Max Bense, écrira en octobre 1969 "Pour Max Bense", dans Nouveau nouveau recueil, texte les remerciant d’avoir si justement étudié et fait étudier ses œuvres, de les avoir traduites et publiées en Allemagne.

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L’araignée mise au mur, tirage au format in-plano jésus de 1952, dont Max Bense à affiché un exemplaire en 1958 à Stuttgart dans une exposition consacrée aux « Visuelle Texte ».

Mis en ligne le 1er mars 2019, par Louise Mabillot