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Thèse

Vers le héros téméraire, ou un drame existentiel de Francis Ponge.

Asako Yokomichi

Thèse de doctorat en littérature française
École doctorale : Sociétés, Cultures, Échanges (SCE)
Sous la direction de Jean-Luc Steinmetz

Présentée et soutenue publiquement le 16 octobre 2015

Composition du jury :
- M. Jean-Luc Steinmetz, Professeur émérite à l’Université de Nantes
- M. Philippe FOREST, Professeur à l’Université de Nantes
- M. Jean-Marie GLEIZE, Professeur émérite à l’École Normale Supérieure de
- M. Henri SCEPI, Professeur à l’Université Paris III - Sorbonne Nouvelle

Résumé :

Cette étude consiste à éclairer l’évolution de la poétique de Francis Ponge, en envisageant plus particulièrement la notion d’héroïsme.
La première partie analyse la dynamique de l’héroïsme en tant que moteur qui, convertissant le sentiment de révolte en valeur, conduit le poète à une conception qui marquera, par exemple, l’écriture du Parti pris des choses : à partir, notamment, de l’image du héros-écrivain rencontrée dans son enfance, le jeune Ponge conçoit une poésie active, caractérisée par sa dimension positive et pratique. Mais ses premiers textes reflètent surtout sa révolte vis-à-vis des discours de son temps, sans présenter aucune poétique qui puisse s’y substituer. Au début des années vingt, stimulé par les mouvements littéraires contemporains, tels que l’unanimisme de Jules Romains, les travaux critiques de Jean Paulhan, et le mouvement surréaliste, il commence à établir sa propre poétique qui rend compte, dès 1926, d’un changement dans son rapport au monde et aux choses, tel qu’il se cristallisera plus tard dans Le Parti pris des choses.
La deuxième partie de notre étude se propose de suivre, à partir des années trente, l’évolution de cette notion d’héroïsme jusque dans l’invention d’une nouvelle forme : une forme ouverte qui tient aussi du journal poétique.
En se présentant comme celui qui cherche à déjouer les habitudes et les attendus de la tradition poétique, Ponge propose alors une nouvelle inflexion de la définition du poète héroïque dont nous avons parlé. Celle-ci se fortifie à la lecture du Mythe de Sisyphe d’Albert Camus : inspiré par le Sisyphe camusien, Ponge invente un « Sisyphe heureux » qui ferait montre, par-là, d’un autre courage. Ce portrait du poète en héros est complété par une réflexion sur l’œuvre de François de Malherbe que Ponge érige en modèle. Pour un Malherbe nous semble être ainsi l’ultime étape de l’évolution de la notion d’héroïsme dans l’œuvre et la poétique de Francis Ponge.

Mis en ligne le 7 juin 2016, par Marie Frisson